Jacques Lacerte
BDL
 

Albert Chartier

Dessinateur (Montréal 16 juin 1912 – Joliette 21 février 2004)

 

Très jeune, Albert Chartier s'intéresse au dessin et à l'illustration et étudie à l'École des Beaux-Arts de Montréal.   Dans les années 30, il fait des affiches de chanteurs pour les boîtes de nuit de Montréal.   En 1935, il commence à dessiner pour la Presse et résume, sous forme d’illustrations, les nouvelles du jour dans La Patrie.   Le succès qu’il connaît lui donne bientôt le privilège de signer une chronique dominicale : Croquis sur le vif.   Dans le même journal, Monsieur Chartier crée son premier personnage, Bouboule, à partir des scénarios de René O. Boivin, et qui parut du 25 octobre 1936 au 21 mars 1937, avec un total de 22 planches.   Il a même créé un magazine avec le journaliste Marcel Tessier sur le milieu artistique québécois, des entrevues et des potins sur les vedettes de l'époque : Cancan, dans lequel on retrouve des articles signés de plusieurs artistes donc, Gratien Gélinas. 

Puis, il passe l’année 1940 aux États-Unis où il vit de ses dessins et de retour au pays, il obtient un contrat du Bureau d'Information en Temps de Guerre (Wartime Information Board) à Ottawa pour lequel il réalise des bandes dessinées publiées dans des publications gouvernementales diffusées à l’intention des soldats.   En 1941 il est engagé par le Bulletin des agriculteurs pour illustrer la chronique de Claude-Henri Grignon, Les contes du père Bougonneux.   En novembre 1943, on lui offre la possibilité de créer une bande dessinée, il crée alors le personnage qui va le rendre célèbre dans toutes les campagnes du Québec : Onésime, les aventures d’un Québécois typique, pour le Bulletin des agriculteurs, qui a fait le bonheur des lecteurs de novembre 1943 à juin 2002 (reprise à partir de 1999), avec un total de 699 planches mensuelles. 

 Voici un extrait du texte tiré de la référence (3) ou Albert Chartier se raconte.

« Frais émoulu de l’école des Beaux-Arts de Montréal, sans aucun débouché au Québec, fatigué de tourner en rond, désirant savoir s’il était vrai que nul n’est prophète dans son pays, j’en étais à faire mes premières armes à New York conjointement dans la caricature et…la vie conjugale, lorsque la deuxième guerre  mondiale vint écourter et le travail à la Columbia Comics Corporation et…la lune de miel avec ma petite Suzon. »

 « De retour au pays, alors que j’étais attaché à l’Office de l’Information en temps de guerre à Ottawa pour divertir avec la caricature les membres de nos forces armées quand, le Bulletin des agriculteurs me proposa en 1943 de créer un comic typiquement québécois pour faire diversion aux bandes dessinées américaines que l’on retrouvait en grand nombre dans de nombreux journaux. »

 « Je fis donc mes adieux à nos vaillants corps d’armée pour aller vers nos braves familles rurales, dont plus de 150 000 étaient alors abonnées au Bulletin des agriculteurs, afin de tenter de les amuser un brin.   Je créai donc Onésime, un gars bien chez nous, dans des situations cocasses de tous les jours, servies avec un humour bien québécois et avec toute la couleur locale qu’on pouvait y mettre, en l’occurrence : les Laurentides. »

 De 1940 à 1959, il collabora également avec le journal artistique Radio Monde pour lequel il livre un dessin humoristique (panel gags) par semaine ainsi que des couvertures et quelques gags pour : La Revue Populaire, Samedi, Week-end magazine et Montreal Star.

 Avec Claude-Henri Grignon, toujours pour le Bulletin des agriculteurs, il dessina Séraphin qui fit tout autant le bonheur des lecteurs.  Séraphin paru d’octobre 1951 à septembre 1970, avec un total de 228 planches mensuel.

 En 1963 et 1964, reprend le strip quotidien Les Canadiens créé par Suzanne Derer et qui paraîtra dans plusieurs journaux anglophones.

 Entre 1962 et 1973, Albert Chartier a proposé à divers journaux une série de strips à l'humour burlesque, la plupart du temps muets, mettant en vedette des personnages nommés :

 Cornélius (1962), Personnage masculin tenant d’Onésime et de Monsieur Hulot.

 Suzy Jones (1962-1963), est une grande femme blonde.

 Suzette (1964-1966), Cynthia en anglais, est en version bilingue, comme le sera Elsinore.   Elle a pour but                d’enseigner le français au lecteur anglophone.

 Zizi, qui deviendra Kiki (1965-1967), est une brunette de caractère à la poitrine généreuse.   Elle est                 gaffeuse et fait tourner les têtes.

 Elsinore (1967-1968), est une adolescente de la fin des années 60, contestataire et réformiste

 Étrange multitude de jeunes femmes qu'il décrit alors comme "piquantes", "ingénues", "glamourisées" ou encore "typically French". "

AU cours de l’Exposition universelle Terres des Hommes, en 1967, Albert Chartier exerce une autre des multiples facettes de son métier, le portrait.   À la fin de l’événement, il est engagé comme professeur de dessin à l’École des arts et métiers de Montréal où il enseigne jusqu’à sa retraite.   De nombreux organismes professionnels ont rendu hommage à ce grand auteur de bandes dessinées québécoises qui a publié d’une façon régulière, ce qui est peu courant.  Mentionnons son succès remporté en 1973 au Festival de la bande dessinée d’Angoulême (France), et l’hommage public rendu en 1985, par le Salon international de l’humour à Terre des Hommes.   Cinq ans plus tard, le Festival de la bande dessinée de Montréal crée le prix Albert Chartier qui récompense un auteur dont le travail a contribué à l’avancement de la bande dessinée au Québec.   Le Prix Onésime est également créé la même année, afin de souligner l’importance d’une œuvre ou d’une personne ayant contribué à l’épanouissement de la bande dessinée québécoise.   En 1998, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke accueille Monsieur Chartier et Onésime au cours de l’exposition Hommage à Chartier.

Ce qu'on sait moins, c'est que son travail en a intéressé plus d'un. Ici, comme à l'étranger. Aux États-Unis, par exemple, des magazines spécialisés sur la bande dessinée lui ont souvent consacré des articles. On disait de lui qu'il était parmi les plus talentueux bédéistes francophones. On aimait sa manière dépouillée de dessiner au crayon noir ses personnages et leurs aventures.

 

Bandes dessinées :

1- Les aventures d'un Québécois typique - Onésime, tome 1, 1974, éditions de L'aurore, Montréal.

2- Les aventures d'un Québécois typique - Onésime, tome 2, 1974, éditions de L'aurore, Montréal

3- Onésime, 1983, éditions La compagnie de publication rurale Inc., Montréal

4- Une piquante petite brunette, 2008, Les 400 coups, coll. «Strips»

5- Séraphin illustré, en collaboration avec Claude-Henri Grignon, 2010, Les 400 coups

6- Onésime, les meilleures pages, 2011, Les 400 coups.

 

Références :

1-Pages internet de M. Fournier : http://fr.la-bd-de-journal-au-quebec.wikia.com/wiki/Albert_Chartier

2-Wikipedia.

3-Albert Chartier, Sectaurs guerriers de Symbion N°6, Héritage 1985.

4-Article de la Semaine verte du 7 mars 2004.

5-Notes biographique de Monsieur Albert Chartier, Université du Québec en Outaouais.

6-Bibliothèque et archives nationales, archive : cote P790

7-Sentinelle 3, Mémo9re 2015 texte : Rencontre avec Albert Chartier de Jacques Samson

8-Vérification de M. Rosaire Fontaine

9-BDQ : Histoire de la bande dessinée au Québec Tome 1, Mémo9re 2014.  Michel Viau

 

13 janvier 1945 - Radio Monde
Vign_1945_01_13_Radio_monde
Ils ne peuvent pas trouver la définition de "peanut".
29 janvier 1945 - Radio Monde
Vign_1945_01_29_Radio_monde
Mon Dieu ! Avec tout ça, je vais manquer "Pierre Guérin, le petit-fils du vieux maître d'école".
3 février 1945 - Radio Monde
Vign_1945_02_03_Radio_Monde
"Ça ne bat pas Denis Harbour".
10 février 1945 - Radio Monde
Vign_1945_02_10_Radio_Monde
"Je n'ai jamais vu personne se dévoué comme Michel Normandin pour intéresser ses auditeurs".
Onésime tome 1 - 1974
Vign_01_Onesime_1974
Onésime tome 2 - 1974
Vign_02_onesime_1974
Onésime - 1983
Vign_03_Onesime_1983
Une piquante P.B. - 2008
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Séraphin - 2010
Vign_00_seraphin
Onésime - 2011
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